Les crêpes

Version en prose

Je te revois au-dessus du saladier,  creusant le puits de farine pour y déposer l’œuf, puis plus tard, versant cérémonieusement la louche de pâte dans la poele chaude.

Je nous revois tous attroupés autour de la gazinière, toi faisant sauter les crêpes et les rattrapant à la volée, comme un artiste de cirque dont le numéro nous émerveillait, papi sucrant et roulant les morceaux de pâte encore brûlants, et nous, les enfournant au fur et à mesure dans nos bouches avides, nos doigts pleins de sucre et de gras, la commissure de nos lèvres ornée de perles blanches.

Je te revois faisant la course contre nos estomacs. Et nous, rassasiés, repus de crêpes et d’amour, abandonnant la course, rappelés à l’ordre par l’indigestion.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.